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Publié par Team Cerise le 30 juillet 2009 – 12:33aucun commentaire | 1 512 lectures

Comment l’Etat utilise l’argent public pour servir sa communication et manipuler l’opinion

Le magazine Marianne daté du 25 au 31 juillet 2009 fait sa Une avec un dossier choc sur les pratiques de l’Elysée concernant des commandes de sondages d’opinion.

Se basant sur un rapport de la Cour des comptes, laquelle a mis au jour certaines pratiques de l’Elysée, l’hebdomadaire insiste d’une part sur les relations étroites du pouvoir avec certains instituts de sondages –et de fait avec les journaux relayant ces sondages, mais également sur le coût global du budget de l’Etat consacré à ce type de communication.

S’il est convenu d’admettre que tous les chefs d’Etat, par le passé ne se sont pas privés de commander des sondages, de mettre à leur disposition des outils de communication visant à appuyer leur politique ou leur image, il n’est pas étonnant que cette pratique demeure actuellement. D’ailleurs, l’Elysée, lorsque la question est abordée, ne se prive pas de répondre que « tous les présidents l’ont toujours fait. Nous, au moins, nous sommes transparents ».

On découvre alors que c’est l’Elysée elle-même qui finance pour 75% Opinion Way, cabinet d’études et de sondages fondé en 2000, et dont les sondages ou enquêtes d’opinions commandés par l’Elysées sont largement repris par divers journaux, dont le Figaro ou sur des chaines d’informations comme LCI. Bien que ces derniers contestent en affirmant qu’ils sont à l’origine de ces commandes, les chiffres relevés par la Cour des comptes ne collent pas et mettent en lumière que c’est pourtant à l’Elysée qu’est facturée le plus gros de la facture…

Si cet exemple de relation entre le pouvoir et les medias constitue pour le magazine Marianne une preuve de la main mise de l’Etat sur l’opinion publique, celui-ci rappelle également les différents moyens mis en œuvre en terme de communication et de mise à disposition des medias  au service de l’Etat : les aides à la presse par exemple, la rendant « redevable », et laissant dans des situations parfois critiques ceux qui ont refusé les aides proposées au nom de la liberté et l’indépendance de la presse (telle la célèbre agence photo Gamma qui s’apprête à déposer le bilan aujourd’hui, 30 juillet, -information révélée par le journal en ligne Rue89, laquelle avait refusé de participer au comité de liaison de l’Elysée, le « pool » qui permet de vendre beaucoup de photos…) mais également les moyens de communication déployés pour promouvoir l’action du chef de l’Etat comme la Web TV présidentielle lancée cet été ou encore les différents moyens de communication sur Internet.

Et c’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste Marianne. Le budget global de ce dispositif est tout simplement colossal. 1 million d’euros pour la Web TV et 2,5 millions d’euros pour le portail Internet, 284,5 millions d’euros pour les aides à la presse, plusieurs millions d’euros pour les commandes d’enquêtes et d’opinions, un budget publicitaire colossal de 100 millions d’euros faisant de l’Etat l’un des plus gros et principaux annonceurs publicitaires en France ! Ces dépenses de l’argent public ont alors de quoi surprendre et choquer, quand tout le monde se souvient du discours de campagne de Nicolas Sarkosy qui s’engageait à faire des économies sur les dépenses de l’Etat et ne pas agir comme ses prédécesseurs s’il était élu. Résultat, le seul fonctionnement du SIG (Service d’Information du Gouvernement) avec un budget hors publicité de 22 millions d’euros (et de 100 millions d’euros pour la seule publicité) a connu une augmentation de 292% cette année…

Dans un contexte de crise et de pouvoir d’achat qui diminue,  alors que le taux du livret A n’en finit pas de s’effondrer, les Français risquent de l’avoir un peu amère et il n’est pas dit que ces efforts de communication exacerbés ne finissent pas par irriter… L’Etat ne semble en effet pas disposé à diminuer ses frais, au contraire. Quelques pages plus loin, Marianne fait part d’une « polémique »  révélée par le magazine Auto Plus qui dresse un inventaire de tous les « cas de gaspillages ou d’abus manifestes » auxquels se livre l’administration actuelle. On y a apprend par exemple que l’arrivée de Brice Hortefeux au ministère de l’Intérieur a été accompagnée de l’achat de 2 limousines de luxe de type Citroën C6 à 50 000 euros pièce, dans un ministère qui comporte déjà à lui seul 95 Renault Vel Satis acquises depuis l’arrivée de Nicolas Sarkosy au pouvoir. Que par ailleurs, les pleins d’essence se font dans les stations services  parisiennes les plus chères et que les voitures sont toujours propres, passées au rouleau tous les jours.
Cette « anecdote » n’est pas sans en rappeler une autre, celle de l’ancienne ministre de la justice Rachida Dati, dont on apprenait il y a quelques semaines que ses frais quotidiens, facturés au ministère de la justice, s’élevaient à plusieurs centaines d’euros (déplacements, nourriture, journaux, broutilles…)

Il est annoncé une baisse du chômage pour le mois de juin, en recul de 0,7%. Cette baisse ne prend pas en compte les chômeurs exerçant une activité réduite. Toutefois, il ne faut pas être optimiste pour autant, car le ministère lui-même précise que la rentrée sera dure avec la fin notamment des contrats saisonniers. Une question se pose alors : quelle seront les priorités budgétaire de L’Etat pour l’avenir…

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