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Les écrans ou le nouvel Eldorado des « toqués » de cuisine

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Publié par La rédaction le 5 février 2012 – 8:30aucun commentaire | Please wait

Les écrans ou le nouvel Eldorado des « toqués » de cuisine

Les écrans ou le nouvel Eldorado des « toqués » de cuisine
Les écrans ou le nouvel Eldorado des « toqués » de cuisine

C’est une nouvelle révolution dans le petit monde de la gastronomie française. Dès le 13 février prochain, le Guide Michelin (et son célèbre Bibendum), sera disponible gratuitement sur Internet en version bêta. Autrement dit en test. La mise à jour finale étant prévue pour le 27 février. Un jeu baptisé Michelin Restaurants est d’ailleurs organisé pour l’occasion afin de faire le « buzz ». Le site souhaiterait également pouvoir proposer la réservation en ligne. Histoire de damer le pion à son concurrent direct c’est à dire lafourchette.com (4,6 millions de chiffre d’affaires). Une information du quotidien La Montagne (1). Notez au passage que CeriseClub offre un cashback Michelin (l’occasion pour passer en pneus hiver?). Déjà disponible en application payante pour Smartphones et tablettes, le Guide Michelin montre ainsi sa volonté de s’adapter à des usages multiples de consommation. Pas d’autre choix, me direz-vous, vu les chiffres de vente : 107 000 exemplaires l’an dernier contre plus de 400 000 il y a dix ans!

Le phénomène prend de l’ampleur depuis quelques années déjà. La cuisine diffusée sur écrans, au sens large, à le vent en poupe. Finies les « émissions de cuisine à la papa » tenues à bout de bras par un Jean-Pierre Coffe à la faconde inimitable ou une Maïté un brin caricaturale de la cuisine estampillée sud ouest. Désormais, la nouvelle vague occupe le terrain. Et ça marche! Preuve en est, les audiences. A coup sûr c’est un carton. Que ce soit au travers d’émissions télévisuelles sur M6 comme « Un dîner presque parfait » où des candidats s’affrontent amicalement en allant dîner chez les uns et les autres à tour de rôle ou encore « Top Chef », popularisé par le cuisinier aveyronnais ô combien médiatique Cyril Lignac. Idem pour « Master Chef » dorénavant bien implantée sur TF1 ou la version française, moins savoureuse, de « Cauchemar en cuisine » du très critique Chef écossais multi-étoilé Gordon Ramsey. En quelques émissions, ces personnalités ont montré qu’elles n’étaient pas des « seconds couteaux ».

La Toile n’est pas en reste dans ce domaine. Elle s’est vite appropriée ce nouveau marché. Les internautes partageant leurs recettes via des blogs consacrés à la cuisine (+ de 3 000 actifs pour 10 000 existants). dans le domaine, les cuisiniers en herbe rivalisent d’originalité. Demandez donc à l’auteur des pâtisseries version iphone? Des investisseurs flairant le bon filon se sont aussi lancés dans l’aventure. Et comme le « Made in France » est à la mode, lançons un tonitruant « cocorico » au travers de quelques initiatives tricolores. C’est le cas, par exemple, pour le récent réseau social français « Food Reporter » (disponible en application iPhone et Android). Ce dernier permet aux internautes de partager leurs expériences gustatives. On pense également à Qooq, la tablette tactile fabriquée en France. Celle-ci possède de multiples programmes dévolus à l’art culinaire.

Mais, revenons à nos moutons. Pourquoi une telle mutation pour le « Guide Rouge ». Outre, des ventes en forte baisse il faut y voir également un virage stratégique. Dans le Guide version papier, plus de 4 000 restaurants sont répertoriés. Le site souhaite innover en s’ouvrant aux établissements non-répertoriés (sauf les fast-foods).  Il leur suffira de rentrer leurs coordonnées, d’indiquer les menus proposés, les prix, les horaires et jours d’ouverture. Ce sera donc une version en ligne très complète, avec la possibilité d’effectuer des recherches selon la ville de son choix. Pour Michelin, c’est certes une nouveauté. Mais il existe déjà d’autres sites du même genre. Il lui faudra donc se démarquer de la concurrence. Ce qui semble réalisable au vu de l’ancienneté, de l’image et du sérieux que dégage la fameuse Bible rouge.

Cependant, l’arrivée sur le web de cette dernière pose quelques questions. Notamment du côté des restaurateurs. Certains craignent d’être mélangés à ceux non-référencés dans le Guide papier. En effet, sur ce site, les non-référencés pourront apporter eux-mêmes leurs contenus. Pour ces inquiets, il est primordial que les internautes fassent bien la distinction. Michelin tente de les rassurer en leur précisant que ce sera spécifié. Autre crainte des Chefs : si la mise en ligne nuisait à la crédibilité et à l’image des étoiles Michelin ? Que se passerait-il par la suite ?

Pour les clients, l’arrivée du Guide rouge en ligne est plutôt une bonne nouvelle. Elle sera totalement gratuite. Côté finances, Michelin vendra de l’espace aux propriétaires des établissements. Un abonnement de 69 € par mois leur sera proposé, avec ajout d’informations (photos ou descriptif plus détaillé). Leur donnant ainsi plus de visibilité qu’à d’autres. Mais tous n’auront pas les moyens d’investir. De plus, les lecteurs pourront exprimer leur avis. Une nouveauté qui ne rassure pas certains restaurateurs. Car en donnant la parole aux clients, même si les commentaires sont modérés, des avis négatifs pourront être déposés. Risquant de nuire à une réputation par exemple. Peut-être un mal pour un bien finalement. Il n’y a qu’à constater le nombre d’ateliers culinaires à Paris, de cours particuliers dispensés ou de Chefs montant leur entreprise de cuisine à domicile pour se convaincre que l’excellence en cuisine sera toujours reconnue à sa juste valeur.

(1) Article du 31/01/2012 de Pierre Boyer.

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